Livreur à vélo, l'exploitation à la cool.
Tout commence dans un open space de 400 m² en plein marais, baby foots, paniers de fruits, canapés, bar cafétéria. Je suis là pour une réunion d'information pour devenir livreur à vélo chez Frichti, la nouvelle startup de livraison de repas sur Paris. Avec moi une vingtaine de mecs de mon âge entre 20 et 35 ans, 10 noirs, 7 marrons, 3 blancs, tous plus au moins le même style : survet' nike, sacoche, casquette, maillot de foot, doudoune. On déambule comme une meute ébahie dans cet open space au milieu des employés de la boîte. Posés sur les canapés design, à moitié allongés mais pas trop, en tailleurs façon yoga, d'autres jeunes de notre âge, quasiment tous blancs, tous un Macbook dernier cri en main, tous très stylés, avec les dernières fringues branchées sur le dos, des hipsters dans toute leur splendeur, regardent passer la meute. Nous entrons dans un bocal vitré. Entassés sur des tabourets, collés les uns aux autres, pas un verre d'eau, on attend. De l'autre côté de la porte vitrée qui se referme derrière nous, les gagnants de la transition numérique nous observent du coin de l’œil, ceux qui maîtrisent les nouveaux codes de la startup nation, ceux qui peuvent côtoyer le baby foot sans vraiment y jouer, ceux ont pu faire des études de marketing, d'informatique ou de digital networking. Moi je suis principalement avec des immigrés et des fils d'immigrés, des gens qui parlent à peine français, des gens dont le marché du travail ne veut pas, des blédards.
Un formateur nous parle de Frichti, il explique à Mamadou comment dire bonjour quand il livrera sa salade de carottes rappées.
- Présentez vous !
- Mamadou Sissoko
- Non, on dit : "Bonjour je m'appelle Mamadou Sissoko". Allez recommence !
Malaise...
Des gars comme Mamadou, Frichti en recrute à tour de bras, tous sous le statut d'auto-entrepreneur, on est vingt fois plus que ce dont ils ont besoin mais ça ne leur coûte rien et ça leur permet d'être sûr d'avoir de la main d’œuvre en permanence. Parce qu'une fois la réunion d'information finie on est pas embauché pour autant, pour pouvoir travailler il faut s'inscrire sur un créneau, un "shift" et là c'est la concurrence qui commence entre nous : le jeudi à 15h précise on doit se battre virtuellement sur un site internet, cliquer sur les shifts pour réserver une place. On doit être des centaines à cliquer partout sur le site dans l'espoir d'avoir du boulot, le serveur sature, le site bug … résultat des courses : en 3 minutes tout est complet, j'ai obtenu deux shifts de 3h à l'autre bout de la ville pour la semaine prochaine, seulement 6h de travail alors que j'en voulais une trentaine, au mieux je vais gagner 60 €.
Arrivé au centre d'où partent les commandes appelé "hub" pour rester dans l'esprit start-up, le local ne ressemble à rien : 5m² de carrelage sale, un écran d'ordinateur avec un code à scanner pour marquer sa présence, je comprends vite que cet ordinateur va être mon principal interlocuteur. Les livreurs et les managers sur place ne disent pas bonjour, personne ne m'explique quoi que ce soit, seul mon smartphone m'écrit "Bienvenue au hub". Une liste de codes s'affiche sur mon écran, je les retrouve sur des sacs en papier entreposés dans une chambre froide, je charge les sacs en papiers remplis de carottes rappées dans mon sac à dos isotherme. Depuis le début j'ai dû échanger au maximum 15 mots avec la boîte qui m'emploie mais ça y est, je bosse pour eux.
Je roule à toute blinde dans les rues bondées de Paris, des ruelles étroites prévues pour des piétons il y a trois siècles dans lesquelles des camions bloquent toute la chaussée et des boulevards haussmanniens dans lesquels ces mêmes camions bombardent pour rattraper leur retard. C'est la jungle urbaine, qui ira le plus vite, qui passera devant le premier, qui prendra le plus de risque pour gagner 1 seconde. J'ai l'impression que je vais crever à chaque carrefour mais l’adrénaline m'excite et me fait prendre toujours plus de risques, toujours aller plus vite, ne jamais s'arrêter, surtout pas aux feux rouges, perte de temps. Je fais corps avec la conduite frénétique parisienne où seuls ceux qui roulent comme des dingues sont respectés par les autres. Si tu es trop lent tu te fais maltraiter, on ne te laisse pas passer, on te fonce dessus, je n'ai pas le choix, bouffer ou être bouffer, j'ai choisi mon camp.
Mon téléphone bipe, il m'indique qu'à partir de maintenant je suis en retard sur ma commande, un chronomètre rouge démarre. Impossible d'être dans les temps, le timing est calculé sans prendre en compte le trafic et les temps de livraisons à pieds : trouver où accrocher son vélo, monter chez le client, l'attendre, regarder le prochain itinéraire, boire une gorgée d'eau... Seul les temps de trajets théoriques en vélo sont pris en compte par le chronomètre, c'est intenable, je suis tout le temps en retard, ça m’énerve donc je roule plus vite, je prends plus de risques, je bois moins d'eau. J'ai l’impression que plus je carbure plus j'ai des commandes, je suis en train de me faire pote avec l'ordinateur. Au bout de 2h de course folle je retourne au hub. À peine passé la porte mon téléphone est reconnu par l'ordinateur. Je ne sais pas comment il fait mais il sait que je suis là. Mon téléphone bipe, des nouvelles commandes à faire immédiatement. J'achète un café au distributeur, un agent de Frichti m'appelle sur mon téléphone, l’ordinateur m'a vu prendre une pause, ce n'est plus mon pote.
Cet ordinateur avec lequel j’essaie de sympathiser - et qui en gros est mon patron - ne s'est pas présenté, je ne sais pas ce qu'il regarde dans mon téléphone, comment il me juge, comment il collecte mes données pour faire des statistiques de mes performances et quelles sont les répercutions de ses statistiques sur la quantité et la qualité du travail qu'il va me donner par la suite. Est-ce qu'il va me faire partir à l'autre bout de Paris pour faire une seule commande parce que je suis trop lent ? C'est possible. Je dois sûrement avoir une note que je ne connaîtrais jamais. Mais quelque part, être jugé par une machine porte l'avantage d'une certaine objectivité. Il ne peut pas ne pas aimer ma gueule, il se concentre sur des faits, le problème - en dehors du fait que je ne sais pas comment il fonctionne - c'est que je ne peux pas lui dire que le numéro 53 de la rue Bouchardon est introuvable parce qu'il est caché dans un angle de la place Saint martin, et que c'est pour ça que j'ai trois minutes de retard. Non tout ce que je peux lui dire c'est : "Commencer nouvelle livraison".
7 Jours sur 7, 7h par jour avec une coupure de 3h en milieu de journée, pour 1200 €, c'est ce que fait un coursier avec qui je discute. Il me dis qu'il a de la fièvre en rentrant chez lui. Entre l'effort physique, le poids du sac, les escaliers à monter, le rythme infernal, la pollution et le stress de la circulation, ça ne m'étonne pas. Il me dit qu'au début, les plateformes payent bien pour attirer des coursiers et que plus les candidats affluent aux inscriptions plus les rémunérations baissent. Les coursiers ne disent rien parce qu'ils savent qu'ils sont des centaines à vouloir bosser pour peu de places disponibles. C'est la concurrence entre eux à celui qui acceptera de bosser pour le moins cher. Un retour aux conditions de travail d'il y a deux siècles ou à celles du tiers monde, au choix. Ils ont la dalle, ils parlent à peine français, beaucoup en "permis de séjour", rémunérés sur des comptes au bled. Personne ne veut les employer en France, alors pour eux 5 € de l'heure c'est déjà ça. À ce rythme là dans quelque temps les coursiers seront payés 1 € de l'heure, et il y aura encore du monde pour vouloir pédaler.
Le soir je change de hub. Je me retrouve dans une ruelle sordide comme seul le 18 ème arrondissement sait en produire. Une dizaine de noirs et de marrons traînent devant le hub. Un type me dit que ça fait 4h qu'il est là. Il a fait une seule commande. Il a gagné 15 €. "Entre zoner ici ou zoner ailleurs autant zoner ici". On en est là. On recrute des gars pour zoner devant le hub. C'est gratuit et ça permet de livrer les commandes très rapidement. Comme si un restaurant avait vingt serveurs pour se partager un poste, les clients sont servis immédiatement, les serveurs mangent les miettes.
Un manager débarque en furie : "Les gars ils va falloir pisser dans le trou ! Sinon plus d'accès au chiottes ! Vous savez quoi ? Ça c'est depuis qu'il y a que des blédards ici, avant quand il y avait des Français c'était pas comme ça !" Je suis le seul blanc et en plus je viens d'aller pisser. Grosse gène.
Les managers sont aussi des noirs et des marrons, seulement eux ils parlent bien français. Ils doivent avoir un bac pro vente tandis que les coursiers n'ont peut-être même pas le brevet des collèges.
Un blédard c'est quoi en fait ? Littéralement du mot arabe "bled" qui veut dire village. Un blédard c'est un campagnard et le gars de la campagne est réputé pour être rustre, pour ne pas maîtriser les règles du savoir vivre en bonne société. Aujourd'hui le blédard - selon mon interprétation - c'est le campagnard de la ville-France. C'est un étranger qui n'a pas assimilé la culture française. Les codes sociaux qui permettent de s’intégrer et de se faire respecter. Quelqu'un qui est accusé de pisser à côté, mais surtout quelqu'un qui ne maîtrise pas la langue, quelqu'un qui n'a pas eu la possibilité de passer son bac.
C'est ces mecs là qu'on retrouve aujourd’hui tout en bas de l’échelle de la startup nation, payés au lance pierre, à la tâche, sans salaire minimum, sans arrêts maladie en cas d'accident, sans congés payés, sans chômage, avec des outils de travail à leurs frais : un smartphone obligatoirement 4G qui vaut cher, un vélo souvent décrépi avec des freins à moitié cassés, pas de casque, pas de lumières pour assurer leur sécurité dans la nuit.
Alors certains parlent de syndicats. D'autres essaient de se faire requalifier en salariés, ce que la cour de cassation à validé car cela coule de source, nous somme "auto entrepreneurs" mais nous n'entreprenons rien du tout. Nous répondons aux besoins et aux ordres d'une entreprise donc nous sommes des employés. Ce salariat déguisé est une faille qui ressemble en tous points à du travail au noir.
D'autre parlent de jouer sur l'image de ces boîtes très attachées au marketing. Un "bad buzz" pourrait les amener à réviser les conditions de travail des coursiers à la hausse : proposer des contrats salariés, remonter les rémunérations, fixer un minimum horaire, fournir les outils de travail, réduire les cadences, garantir du travail en arrêtant de sur-recruter, être transparent sur les algorithmes… beaucoup de facteurs peuvent être améliorés pour obtenir des conditions de travail dignes.
Parce que faut-il vraiment balayer deux siècles d'acquis sociaux dans le seul but de satisfaire des cadres dynamiques qui veulent garder la ligne en mangeant des carottes rappées emballées dans trois boites en plastique livrées en sept minutes à leur agence de design par un esclave à vélo ?
Non, c'est notre corps social qui est en jeu. |
Bycicle delivery man, exploitation à la cool
Everything starts in an open space of 400 m² in the middle of the marsh, baby foots, fruit baskets, sofas, bar cafeteria. I'm here for an information meeting to become a bike delivery man at Frichti, the new meal delivery startup in Paris. With me twenty guys of my age between 20 and 35 years, 10 black, 7 brown, 3 white, all at least the same style: Survet 'nike, satchel, cap, football shirt, down jacket. We walk like a pack in this open space among the employees of the box. Posed on designer sofas, half lengthened but not too much, in yoga style suits, other young people of our age, almost all white, all a trendy Macbook in hand, all very stylish, with the latest trendy clothes on the back , hipsters in all their splendor, watch the pack go by. We enter a glass jar. Stacked on stools, glued to each other, not a glass of water, we wait. On the other side of the glass door that closes behind us, the winners of the digital transition are watching us out of the corner of their eye, those who master the new codes of the nation's startup, those who can rub shoulders with the baby foot without really to play there, those could make studies of marketing, computer science or digital networking. I am mainly with immigrants and sons of immigrants, people who speak barely French, people whose job market does not want, bad guys.
A trainer tells us about Frichti, he tells Mamadou how to say hello when he delivers his carrot salad rapped.
- Introduce yourself !
- Mamadou Sissoko
- No, we say: "Hello my name is Mamadou Sissoko". Go again!
Discomfort...
Guys like Mamadou, Frichti recruits with a turn of the arms, all under the status of auto-entrepreneur, one is twenty times more than what they need but it does not cost them anything and that allows them to be sure of to have manpower permanently. Because once the information meeting over we are not hired so far, to be able to work it is necessary to register on a niche, a "shift" and there is competition that begins between us: Thursday at 15h precise one must fight virtually on a website, click on the shifts to reserve a place. There must be hundreds to click everywhere on the site in the hope of having work, the waiter saturates, the site bug ... result of the races: in 3 minutes everything is complete, I obtained two shifts of 3 hours to the the other end of the city for next week, only 6 hours of work while I wanted a thirty, at best I will earn 60 €.
Arrived at the center from where the orders called "hub" to stay in the spirit start-up, the local is like nothing: 5m ² of dirty tiles, a computer screen with a code to scan to mark its presence, I quickly understand that this computer will be my main contact. The deliverymen and the managers on the spot do not say hello, nobody explains me anything, only my smartphone writes me "Welcome to the hub". A list of codes appears on my screen, I find them on paper bags stored in a cold room, I load paper bags filled with carrots rapped in my insulated backpack. From the beginning I had to exchange a maximum of 15 words with the box that I use but that's it, I work for them.
I drive blindly in the crowded streets of Paris, narrow streets planned for pedestrians three centuries ago in which trucks block the entire road and Haussmannian boulevards in which these same trucks bombard to catch up. It is the urban jungle, which will go faster, which will pass in front of the first, which will take the most risk to gain 1 second. I feel like I'm going to die at every crossroads but the adrenaline excites me and makes me always more risky, always go faster, never stop, especially not at traffic lights, waste of time. I am one with the frenzied Parisian driving where only those who ride like crazy are respected by others. If you are too slow you get abused, we do not let you go, we get in on you, I have no choice, eat or eat, I chose my camp.
My phone beeps, it tells me that from now on I'm late on my order, a red stopwatch starts. Impossible to be on time, the timing is calculated without taking into account the traffic and delivery time on foot: find where to hang his bike, go up to the customer, wait for him, look at the next route, take a sip of Water ... Only the theoretical bike travel times are taken into account by the stopwatch, it is untenable, I am always late, it annoys me so I drive faster, I take more risks, I drink less water. I feel that the more carbs I have, I'm trying to make friends with the computer. After 2 hours of crazy racing I go back to the hub. Just past the door my phone is recognized by the computer. I do not know how he does it but he knows I'm here. My phone beeps, new orders to be made immediately. I buy a coffee from the distributor, a Frichti agent calls me on my phone, the computer saw me take a break, it's not my friend anymore.
This computer I'm trying to sympathize with - and who's basically my boss - did not show up, I do not know what he's looking at in my phone, how he judges me, how he collects my data to make statistics of my performances and what are the repercussions of his statistics on the quantity and the quality of the work he will give me later. Will he send me to the other end of Paris to make a single order because I'm too slow? It's possible. I must surely have a note that I would never know. But somewhere, being judged by a machine has the advantage of a certain objectivity. He can not dislike my mouth, he's focused on facts, the problem - apart from the fact that I do not know how it works - is that I can not tell him that the number 53 of the street Bouchardon can not be found because he is hidden in one corner of the Place Saint Martin, and that's why I'm three minutes late. Not all I can say to him is: "Start new delivery".
7 days a week, 7 hours a day with a break of 3 hours in the middle of the day, for 1200 €, that's what a courier with whom I discuss. He tells me that he has a fever on his way home. Between the physical effort, the weight of the bag, the stairs to climb, the hellish pace, the pollution and the stress of the traffic, it does not surprise me. He tells me that at the beginning, the platforms pay well to attract couriers and that the more the candidates flock to the registrations the more the remunerations fall. The couriers do not say anything because they know they are hundreds to work for few places available. It's the competition between them that will accept to work for the least expensive. A return to the working conditions of two centuries ago or those of the third world, to choose. They have the slab, they hardly speak French, much in "residence permit", remunerated on accounts to the wheat. Nobody wants to use them in France, so for them 5 € per hour is already that. At this rate in a while the couriers will be paid 1 € per hour, and there will be more people to want to pedal.
In the evening I change my hub. I find myself in a sordid lane as only the 18th arrondissement knows how to produce. A dozen blacks and chestnuts hang out in front of the hub. A guy tells me it's been 4 hours that he is there. He made a single order. He won 15 €. "Between zoning here or zoning elsewhere as far as zoning here". We are here. We recruit guys to zone in front of the hub. It's free and it allows to deliver orders very quickly. As if a restaurant had twenty servers to share a post, customers are served immediately, servers eat crumbs.
A manager arrives furious: "The guys they'll have to pee in the hole! Otherwise no more access to the toilet! You know what? It's since there are only bad guys here, before when there were It was not like that! " I'm the only white and I just went pee. Big gene.
The managers are also black and brown, only they speak good French. They must have a bachelor's degree in sales while couriers may not even have a highschool certificate.
A blédard what is it actually? Literally the Arabic word "bled" which means village. A blédard is a countryman and the guy of the campaign is reputed to be boorish, not to master the rules of knowing how to live in good company. Today the blédard - according to my interpretation - it is the countryman of the city-France. He is a stranger who has not assimilated French culture. Social codes that allow to integrate and to be respected. Someone who is accused of pissing beside, but especially someone who does not speak the language, someone who has not had the opportunity to pass his baccalaureate.
These are the guys we find today at the bottom of the ladder of the nation's startup, paid by slingshot, by task, without minimum wage, without sick leave in case of accident, without paid leave , without unemployment, with tools to work at their expense: a necessarily obligatory 4G smartphone, a bike often decrepit with half-broken brakes, no helmet, no lights to ensure their safety at night.
So some talk about unions. Others try to be requalified as employees, which the court of cassation validated because it goes without saying that we are "self entrepreneurs" but we do not undertake anything at all. We respond to the needs and orders of a company so we are employees. This disguised wage is a flaw that looks in all ways like moonlighting.
Others talk about playing on the image of these boxes very attached to marketing. A "bad buzz" could lead them to revise the working conditions of the couriers on the rise: to propose wage contracts, to raise the remunerations, to fix a minimum hourly, to provide the tools of work, to reduce the cadences, to guarantee work by stopping of over-recruiting, being transparent about algorithms ... a lot of factors can be improved to get worthy working conditions.
Because is it really necessary to sweep two centuries of social achievements with the sole purpose of satisfying dynamic executives who want to keep the line by eating rapeseed carrots packed in three plastic boxes delivered in seven minutes to their design agency by a slave on bike ?
No, it is our social system that is at stake. |